Je ne me décrirais pas comme une matheuse. Mes souvenirs d'école sont plus teintés par l'ennui que quoi que ce soit d'autre. Non pas que j'étais mauvaise élève. J'ai d'ailleurs eu de bons résultats tant que l'on faisait de l'algèbre, même si je me souviens encore de mon gâteau d'anniversaire, "gâché" par l'institutrice qui l'avait utilisé pour faire une démonstration sur les fractions alors qu'il devait être au centre d'un moment festif, ou de l'impression de perdre mon temps quand il a fallu apprendre par cœur les tables de multiplication... Quand on a abordé la géométrie, j'ai un peu décroché. Et puis, très vite, on est catégorisé au collège : j'ai été rangée dans la case « littéraire », donc je ne pouvais pas être une matheuse ou c'est du moins ce que l'on m'a appris...

Aujourd'hui, je suis la maman de deux enfants qui n'ont jamais connu l'école. A 11 et 6 ans, ils considèrent les mathématiques comme un jeu, au même titre que leurs figurines de chevaliers ou leurs jeux de société. Je me souviens d'une prof de maths qui était venue me demander mon secret, un jour dans le train, après m'avoir entendue demander à mon fils ce qu'il souhaitait faire l'après-midi. Il avait répondu : "Des maths, plein de maths !"

Il n'est pas rare que mes enfants réclament de faire des maths et si je propose une activité, voire une sortie liée aux maths, ils sont enthousiastes. Peut-on instiller le goût des mathématiques chez les enfants ? Peut-on le transmettre même si on ne l'a pas soi-même à la base ? Et, en passant, redécouvrir soi-même le plaisir des maths ? Mon expérience et tant d'autres montrent que c'est faisable et que cela vaut le coup d'essayer !

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Souvent, les tout-petits sont attirés par les chiffres : ils veulent les décoder et les apprivoiser. A une époque, nous avancions très, très lentement dans la rue car il me fallait lire chaque chiffre rencontré à mon bambin avide de découvertes. Et des chiffres, en ville, il y en a partout ! Les premières notions de maths viennent toutes seules : les quantités, les formes, ajouter, enlever...

Si les petits découvrent avec enthousiasme ces notions, il n'y a pas particulièrement de raison que cela change par la suite, sauf bien sûr si quelque chose vient transformer les maths. Il ne s'agira alors plus d'un jeu mais d'une matière scolaire qui peut être intimidante et/ou rébarbative. Pourtant, les maths peuvent tout à fait rester dans le domaine du ludique. Comme pour tout autre domaine, il n'est pas nécessaire d'avoir des activités "sérieuses" (surtout si cela signifie austères) et très formalisées pour apprendre. Les jeux de société impliquent vite de lancer un dé, de compter les cases. Les boutiques et ludothèques ont vu leur rayon "jeux de logique" s'agrandir de plus en plus, avec des jeux vraiment attractifs qui font en même temps travailler la matière grise. Du côté "manipulation", l'offre ne cesse de croître également : à côté des traditionnels attrimaths, réglettes et autre matériel de type base 10, on trouve beaucoup de jeux autour de la géométrie et de la construction.

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Lorsque les enfants grandissent et que les notions se compliquent, elles seront d'autant moins effrayantes qu'elles seront utiles. Un enfant ne voit sans doute pas beaucoup d'intérêt à faire du calcul juste pour s'entraîner. Par contre, si c'est relié à sa vie dans la pratique, à son quotidien, c'est lui qui sera demandeur. Les mathématiques ont alors tout leur sens : elles sont utiles. Tout enfant aura un jour besoin d'additionner, de soustraire, de multiplier, de diviser. Faire les courses, cuisiner, répartir quelque chose... les occasions de faire des maths sans manuel ni cahier d'exercice sont nombreuses. Il n'est d'ailleurs absolument pas nécessaire de leur mettre l'étiquette "mathématiques", et d'autant plus si l'enfant a déjà commencé à faire un blocage.

Les maths peuvent aussi être le sujet de sorties ! Il n'y a toujours pas de musée des mathématiques à Paris, mais on trouve des espaces permanents à la Cité des Sciences et au Palais de la Découverte. Sans oublier le Salon de la culture et des jeux mathématiques et des expositions temporaires comme Mathémanip ou Mathissime. On peut regarder en famille les vidéos de Mickaël Launay. Côté lecture aussi, il y a de quoi s'amuser tout en apprenant. Et puis autant continuer à explorer toutes sortes de jeux et de manipulations !

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