Quand on fait le choix d'instruire son enfant en famille, on choisit en fait d'assumer la responsabilité de l'instruction de son enfant. On en prend la responsabilité légale sans la déléguer autrui (ce qui n'empêche pas de faire appel à diverses personnes, mais elles ne portent pas cette responsabilité). C'est un choix qui fait sens pour ces familles et qu'elles assument, mais parfois... parfois, on peut avoir des doutes. Je ne parle pas là de doutes quant au mode d'instruction, mais quant aux détails qui font notre quotidien.

(Petite parenthèse : J'invite ceux qui ressentent de la peur à l'idée d'assumer la responsabilité de l'instruction de leurs enfants à réfléchir quelques minutes au fait que leur tranquillité d'esprit vient surtout de la norme culturelle. Parce que confier ses enfants les yeux fermés à une institution qui ne s'en sort plus et qui est basée sur des programmes qui varient en fonction des ambitions politiques, ce n'est pas tellement simple à assumer quand on y pense...)

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Parfois, on doute d'en faire assez, de donner ce qu'il faut à nos enfants pour qu'ils puissent construire leur avenir au mieux. Cela peut être parce qu'on nous a si gentiment fait remarquer que notre enfant ne maîtrise pas encore telle notion que son cousin / voisin / copain a pourtant déjà vu en classe (comme si cela suffisait, d'ailleurs, pour que la notion soit acquise !)... Cela peut survenir lorsque l'on feuillette des ouvrages dans une librairie et que l'on se demande s'il ne faudrait pas acheter ce livre-là qui a l'air bien, et puis celui-ci et celui-là encore... Cela peut même arriver alors que l'on s'accorde un moment de surf sur internet et que l'on regarde les idées d'activités des autres, sur les blogs ou sur Pinterest. Et il y en a qui font des choses fabuleuses ! Même en prenant en compte la diversité des approches en instruction en famille, on en trouve forcément qui nous attirent, vu la quantité de pistes, ressources et idées diverses.

Douter, c'est sain. Ne jamais rien remettre en question serait plus inquiétant. Douter, cela permet de réfléchir, de vérifier que l'on reste cohérents par rapport à nos choix et nos valeurs, de nous adapter aussi, au fur et à mesure que les enfants grandissent et que leurs demandent évoluent. Douter, c'est bien, mais quand on a fait un choix minoritaire, que l'on subit la pression du regard extérieur et de l'inspection, parfois, c'est une source de stress.

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Voici quelques stratégies applicables en cas de doutes :

1. Ne pas paniquer ! Il y a peut-être besoin de revoir l'organisation familiale, peut-être pas, mais en tout cas inutile de bouleverser le quotidien du jour au lendemain ou de dépenser une fortune en ressources pédagogiques. Autant prendre le temps de voir s'il y a réellement besoin de faire des changements ou si c'est juste dû à une inquiétude passagère. Souvent, au bout de quelques jours, ça va mieux !

2. Si l'on a l'impression que les enfants ne font "pas grand-chose" ces temps-ci, prendre le temps de lister un peu ce qui a participé à leur instruction ces derniers jours / semaines / mois. On se retrouve souvent avec une liste bien plus longue que l'on ne l'imaginait au départ, parce que les enfants sont les champions pour apprendre du quotidien !

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3. Le shopping virtuel : lorsque je rêve de vacances, d'un super robot multi-fonctions ou n'importe quoi d'autre qui dépasse totalement mon budget disponible, il m'arrive de faire du lèche-vitrine en ligne. Mais attention, si je remplis mon panier, je ne vais pas jusqu'à le valider. Parfois, passer un peu de temps à évaluer les choix, comparer les prix, regarder ce qui existe est suffisant pour effacer la frustration de ne pas pouvoir faire un achat impulsif. De la même manière, si je doute que les activités des enfants leur apportent tout ce dont ils ont besoin, je vais me plonger dans les blogs et Pinterest, faire une liste ou enregistrer des liens. Nous ne ferons jamais la plus grande partie de ces activités, mais le fait d'avoir cherché, d'avoir des ressources "au cas où", cela suffi à faire passer ce stress temporaire.

4. Admettre que oui, il y a des supports fantastiques, des activités tentantes, mais... que l'on ne fera pas tout ! Contrairement à un enfant scolarisé, qui n'a pas son mot à dire sur un programme fixé d'avance avec des supports déjà choisis, l'enfant nonscolarisé se retrouve face à une infinité de possibilités... mais seulement 24 heures par jour ! Donc, de toute façon, il faudra faire des choix et ce n'est pas plus mal.

5. Vérifier si l'on n'a pas, soi-même, envie de faire quelque chose qui n'attire pas plus que cela les enfants... ou bien si c'est notre enfant intérieur, qui a généralement passé des années à l'école, qui ne se sent pas motivé par quelque chose qui lui aurait convenu davantage sans pour autant que cela parle à nos enfants, qui eux grandissent dans un environnement différent. Et si c'est une attraction que l'on ressent personnellement, alors autant s'en donner le droit ! Que cela soit conçu pour notre âge ou pas, que l'on trouve un équivalent pour notre âge ou pas, si l'on a envie de faire une activité nonsco en tant que parent, pourquoi pas ? C'est une manière de réécrire son histoire et de vivre des apprentissages différents, sans faire peser le poids de nos regrets sur les épaules des enfants.

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Et vous, que faites-vous en cas de doutes ?